Gabon : Le rôle du comité de sécurité et de santé au travail dans la gestion du Covid-19.

L’épidémie de coronavirus continue de se rependre partout dans le monde et particulièrement en Afrique. Les plus exposés face à cette pandémie demeurent les travailleurs. L’OMS ne cesse de mettre en garde les pays africains sur l’éventualité d’une propagation rapide du virus. Le Gabon n’est malheureusement pas en reste. Là, on y dénombre près de 5000 cas dont près plusieurs dizaines de morts sur une population estimée à près de 2 millions d’habitants seulement.  

 

Face à cette situation, le Gouvernement Gabonais a finalement jugé après une tentative de confinement que cette crise sanitaire s’inscrit sur la durée et qu’il fallait s’adapter. C’est en ce sens que ce lundi 11 mai 2020, Le Gouvernement a annoncé la reprise de certaines activités mais avec des restrictions : la distanciation sociale, le port du masque obligatoire, tousser dans son coude, se laver les mains fréquemment à l’eau et au savon ou encore utiliser un gel hydro-alcoolique etc. Les bars, boîtes de nuits et écoles demeurent toujours fermées jusqu’à nouvel ordre. 

 

Ces mesures barrières sont applicables aux individus et aux entreprises afin d’éviter une forte propagation du virus dans notre pays le temps qu’un vaccin ou un remède soit découvert.

 

De ce fait, le chef d’entreprise  doit s’arrimer à ces mesures. Le rôle du comité de sécurité et de santé au travail dans la gestion du Covid-19.

 

 

 

Les dispositions à prendre par l’employeur face au Covid 19.  

 

Il incombe à l’employeur de mettre urgemment en place un plan de prévention afin d’éviter la propagation éventuelle du virus au sein de son entreprise. Il est le principal garant de la sécurité de ses employés.

 

C’est d’ailleurs ce que préconise l’article 198 du Code de Travail qui stipule que : « L’employeur est directement responsable de l’application des mesures de prévention relatives à la sécurité et la santé au travail et destinées à assurer la protection des travailleurs qu’il utilise (…) ».

 

Il expose donc sa responsabilité civile et pénale en cas d’échec de sa politique de prévention (accidents de travail, maladies professionnels, foyer de contamination dans l’entreprise : salariés et  clients etc.) Il a une obligation sécurité qui est une obligation de résultat, tout en respectant le cadre tracé par la politique nationale de santé au travail. 

 

Toutefois, l’employeur n’évolue pas seul dans cette démarche. Il doit agir, en consultation avec les représentants des travailleurs dans l’entreprise (au CSST ou simplement les délégués du personnel). C’est d’ailleurs ce que renchérit l’article 198 du Code de Travail en ces termes: « En vue de fournir et de maintenir un milieu de travail sûr, et salubre et dans le cadre tracé par la politique nationale de santé au  travail, l’employeur devra, en consultation avec les représentants des travailleurs dans l’entreprise, définir, mettre en application et  réexaminer périodiquement un programme de prévention des risques présents sur les lieux de travail

 

L’article est très clair, l’employeur devrait consulter les représentants des employés avant de prendre une quelconque décision  concernant la santé et la sécurité des salariés.

 

La seule instance de travail dans l’entreprise regroupant les représentants du personnel et la direction est le comité de sécurité et de santé au travail ( CSST), obligatoire dans les entreprises de 50 salariés et plus. Dans les entreprises de moins de 50 salariés, les délégués du personnel sont investis des missions du CSST.

 

 

Qu’est-ce-que le CSST et quelle est sa fonction au sein de l’entreprise ?

 

Le comité de Sécurité et de Santé au travail (CSST) est l’instance au sein de l’entreprise qui a pour objectif de contribuer à la santé et la sécurité ainsi qu’à l’amélioration des conditions de travail des salariés. Il doit promouvoir  les actes de prévention liés aux risques professionnels dans l’établissement. 

 

Le CSST est composé du chef d’entreprise ou son représentant (qui en est le président), des représentants du personnel élus pour un mandat de 2 ans renouvelable ; le médecin ou l’infirmière d’entreprise et le responsable du service de sécurité. 

 

 

 

Quel est le rôle du CSST dans l’entreprise en cette période de Covid-19 ?

 

Vous l’aurez compris, le CSST doit être au centre de la politique de prévention contre le Covid-19 au sein de l’entreprise. Rien ne doit être mis sur pied sans son avis concernant la santé et la sécurité des salariés. Et plus précisément l’avis des représentants de salariés élus. L’employeur doit impliquer le CSST dans la prise de décision, car impliquer le CSST c’est impliquer les  représentants des employés donc les salariés, qui sont  les plus exposés. 

 

Le CSST aura ce rôle de médiateur entre la direction et les salariés. 

 

Au moment où notre pays le Gabon vient de dépasser les 2000 cas positifs au Covid-19, garder le moral des employés intact devient un enjeu majeur dans cette lutte.

 

Quelqu’un d’évasif et déconcentré peut faire des erreurs. Et une erreur  peut être fatale pour l’ensemble du personnel. 

 

 

 

Que faire si le CSST est Inexistant ou inefficace  ?

 

Un CSST ne peut pas être inefficace ou inexistant, car il est composé du médecin du travail (ergonome), d’un technicien en santé et sécurité (responsable du service sécurité ) et des experts dans la prévention des risques professionnels (les représentants du personnel au CSST) ajouter au chef d’entreprise qui dirige le groupe de travail en tant que président.

 

Un CSST inefficace est un CSST qui n’a suivi aucune formation. En effet le code du travail exige une formation des représentants du personnel au CSST pour qu’ils puissent être efficaces durant leur mandat. 

 

Si c’est le cas il n’est pas trop tard, vous pouvez encore revoir votre stratégie face au Covid-19 afin que les salariés soient heureux et motivé de travailler en cette période où le moral est particulièrement bas. 

 

Chez BEKS CONSULTING GABON nous disons que «Un employé non motivé travaille contre son entreprise». 

 

Sauf que dans le cas du covid-19 l’implication de tous les employés et la direction doit être de rigueur. 

 

Il faut un signal fort de la direction. Il faut que la Direction exprime réellement sa volonté de protéger les salariés face à cette crise. Et les salariés protégeront également leur direction. Nous sommes dans une période où le salarié doit être au cœur de la politique de prévention. Il doit demeurer motivé, et très impliqué dans la démarche de prévention de l’entreprise contre la Civid-19.

 

Minutes de sécurité, quarts d’heure de sécurité doivent être dans le quotidien des employés. Chacun doit pouvoir s’exprimer librement, exprimer sa frustration s’il le souhaite ainsi que les problèmes rencontrés pendant sa prise de fonction.  L’animateur devra faire monter les informations afin de prendre des mesures correctives ou préventives. Ça permettra de garder le dialogue constamment entre la direction et les salariés.

 

L'équipe de BEKS.

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